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Conoce a Suzanne Lehn, coeditora de Global Voices en francés

[La entrevista ha sido realizada en francés por Marie Bohner. Todos los enlaces llevan a páginas en lengua francesa a menos que se indique otro idioma].

Suzanne Lehn se define a sí misma como una adicta a los medios de comunicación desde hace mucho tiempo. Ha sido colaboradora de Global Voices desde 2008 y los autores y traductores de Global Voices en francés la consideran como una segunda “madre” (Claire Ulrich, también coeditora de Global Voices en francés, es la primera “madre”). Conoce a esta mujer de 66 años, una auténtica geek, que huye de la estrechez de miras y no para de buscar nuevos desafíos, desde una perspectiva tanto humana como mediática.

Suzanne Lehn - crédit Stève Duchêne

Suzanne Lehn. Foto de Stève Duchêne, usada con su permiso.

Global Voices (GV): ¿Cómo se explica tu pasión por los medios?

Suzanne Lehn (SL): Je suis passionnée de médias depuis l'enfance. J'avais une prof d'histoire au lycée qui nous faisait tenir un cahier d'actualités, pour lequel nous devions lire chaque jour un quotidien. Quand la plupart de mes camarades avaient choisi les Dernières Nouvelles d'Alsace, j'avais, gourmande déjà d'élargir mes horizons, choisi Le Monde. A la maison, c'était presque religieux : à midi, avec mes parents, on écoutait les informations à la radio. Mes parents ayant vécu les deux guerres mondiales, ils craignaient toujours l'avènement d'un troisième conflit. Lors de l’insurrection de Budapest en 1956, je me souviens de l'atmosphère de peur qui régnait autour de la table. Incroyable aussi l'affaire des alpinistes Henry et Vincendon, toujours en 1956, dont on avait suivi l'agonie sur le Mont Blanc en direct, car ils avaient une radio, mais que les secours ne pouvaient pas atteindre. J'avais 9 ans à l'époque. En 1963, on était suspendus à la radio pendant l’assassinat de Kennedy. Au-delà de l'inquiétude, il y avait chez moi une intense curiosité, une façon, en suivant l'actualité, de s'ouvrir au monde et de ne pas rester dans le petit cercle fermé de la famille.

Suzanne Lehn (SL): He sido una enamorada de los medios de comunicación desde mi infancia. Tenía un profesor de historia en el instituto que nos hacía rellenar un cuaderno con noticias y teníamos que leer la prensa a diario. Mientras que la mayoría de mis compañeros elegían el Dernières Nouvelles d'Alsace, yo ya estaba dispuesta a ampliar mis horizontes y leía el Le Monde. En casa era casi como una religión: al mediodía, siempre escuchabamos las noticias de la radio. Mis padres vivieron las dos guerras mundiales y sufrían continuamente por temor a que estallara una tercera. Durante la revolución húngara de 1956, recuerdo que estábamos reunidos en la mesa con aquella sensación de miedo que se respiraba en el ambiente. Otro episodio que nunca olvidaré fue el de los montañeros Henry y Vincendon en 1956, que murieron ascendiendo el Mont Blanc. Seguimos en directo su agónica espera porque podían emitir por radio lo que ocurría pero los socorristas no consiguieron llegar a tiempo. Yo en aquel momento tenía 9 años. En 1963, estábamos pegados a la radio escuchando el asesinato de Kennedy. Más que preocupación, lo que había en casa era una enorme curiosidad. De alguna manera, oyendo las noticias, nos abrimos al mundo, en lugar de permanecer encerrados en nosotros mismos.

GV: ¿De qué modo han influido Internet y las redes sociales en los medios de comunicación?

SL: Avec internet, on entre dans l'ère de l'immédiateté. C'est un élargissement : par opposition, tout ce qui est local paraît encore plus rétréci. Avec internet on peut se fabriquer son propre menu. Les journaux, la télévision nous donnent un sommaire imposé, le même pour tous. Sur la toile, on peut partir à la pêche aux informations en se fiant au hasard. Que va apporter la timeline de twitter aujourd'hui ? Qu'ont posté les amis sur facebook ? On obtient des visions plus personnelles de l'actualité, avec observations et commentaires. On y trouve aussi des sujets qui ne sont pas abordés par les médias traditionnels, car ils ne satisfont pas les annonceurs.

SL: Con Internet, hemos entrado en la era de la inmediatez. Parece como si el mundo estuviera en continua expansión. Por el contrario, lo local suena aún más local hoy en día. Internet te permite diseñar tu propio “menú mediático”. Los periódicos y la televisión nos imponen un modelo de noticias tipo “talla única para todos”. En la web, tenemos un enfoque más inesperado de las noticias. ¿Qué me voy a encontrar hoy en mi feed de Twitter? ¿Qué habrán publicado mis amigos en Facebook? Tenemos una visión más personal de la noticia, que incluye observaciones y comentarios. También te encuentras con temas que los medios de comunicación convencionales no tratan porque no interesan a los publicistas.

GV: Laicismo [es], inmigración [es], identidad nacional [es], puntos de vista políticos en Francia, romaníes [es]: la mayoría de los temas sobre los que escribes y traduces para GV están muy relacionados con la identidad. ¿Qué mensaje quieres hacer llegar?

SL:Mon but est de prendre le contrepied de l'usage qui est fait de l'identité dans la politique, notamment dans la politique française d'une certaine époque. J'ai voulu mettre en lumière les coulisses très nocives du Ministère de l'Identité Nationale qui avait été créé en France.

SL: Pretendo adoptar una firme postura contra la manera de utilizar la identidad en política, especialmente en la política francesa (lo que rememora una época no demasiado gloriosa de nuestra historia). Quería arrojar luz sobre los efectos nocivos que tuvo en Francia la creación del Ministerio de la Identidad Nacional.

Suzanne Lehn - crédit Stève Duchêne

Suzanne Lehn. Foto de Stèvèndnnne Duchêne

GV: El multilingüismo [es] también es una de tus grandes inquietudes. ¿Por qué es tan importante?

SL: Avec des langues différentes, on peut élargir son cercle, aller au-delà de sa propre langue, on peut dialoguer, en direct ou via les médias sociaux. C'est aussi une question de curiosité, de plaisir intellectuel! Je dois beaucoup à mon oncle Georges Schmidt, qui était au nombre des polyglottes extraordinaires. Il a grandi dans une famille alsacienne typique, pas particulièrement éduquée, bilingue comme on peut l'être en Alsace, et a développé son talent sans qu'on comprenne vraiment d'où ça venait. Il a assisté aux début des Nations Unies, où il a été d'abord traducteur, puis réviseur, puis il a fini sa carrière à la terminologie. Il a appris plus de 60 langues, et en parlait une douzaine couramment. La passion de sa vie, c'était de collectionner des dictionnaires et des livres de grammaire, un livre pour chaque langue existante. Il avait établi sa propre classification. A son décès, je me suis occupée de ses livres et je les ai donnés au Collège de France notamment. Mon oncle aurait souhaité que je soie traductrice aux Nations Unies, et je regrette vraiment qu'il ne puisse pas voir mon travail à GV aujourd'hui. Il aurait sans aucun doute été fasciné par un outil comme GV.

SL: Mediante los idiomas podemos eliminar la barrera que nos impone nuestra propia lengua. Podemos mantener un diálogo, ya sea cara a cara o a través de los medios sociales. También es una cuestión de curiosidad y de placer intelectual. Le debo mucho a mi tío Georges Schmidt [en], que fue uno de los grandes políglotas de su tiempo. Se crió en el seno de una típica familia alsaciana, sin acceso a una buena educación. Pero ser bilingüe es la norma en la región de Alsacia y desarrolló su talento sin que nadie pudiera entender de donde le venía. Contribuyó a los comienzos de las Naciones Unidas: primero trabajó de traductor, después de editor y al final de su carrera se convirtió en terminólogo. Aprendió más de 60 idiomas, de los cuales 12 hablaba con fluidez. La pasión de su vida fue coleccionar diccionarios y libros de gramática, uno de cada idioma. Creó su propio sistema de clasificación. Cuando murió, yo asumí esta responsabilidad y doné la mayoría al College de France. Mi tío quería que fuera traductora de las Naciones Unidas. Siento de verdad que no pueda ver mi trabajo actual en GV, sin duda habría quedado fascinado por la labor de una comunidad como ésta.

GV: ¿Qué idiomas hablas?

SL: Français, évidemment, c'est ma lange maternelle. Je parle aussi anglais et allemand, et puis à un niveau moindre, mais ex æquo, russe et espagnol. Je continue à étudier le russe en ce moment. J'avais aussi commencé à apprendre l'arabe il y a un moment, et j'aimerai y revenir.

SL: Por supuesto el francés, mi lengua materna. También hablo inglés y alemán y en menor grado ruso y español. Actualmente estoy estudiando ruso. También empezé a aprender árabe hace un tiempo y me gustaría retomarlo.

GV: ¿En qué consiste para tí GV?

SL: GV, c'est d'abord l'ouverture et la communauté, un groupe de personnes avec des objectifs concordants et qui travaillent ensemble dans un esprit très amical. J'ai rejoint GV en 2008, alors que le noyau dur et expérimental était déjà en action depuis 2004/2005. A mon arrivée, le projet Lingua venait de démarrer et l'anglais était la langue véhiculaire. L'équipe de traduction française était petite, une petite dizaine de personnes. Aujourd'hui il y en a plus de 100. En 2010, les articles ont commencé à être écrit en langues locales, ce qui a démultiplié GV. La structure de GV s'est à la fois étoffée, alourdie et professionnalisée. La possibilité d'écrire dans sa propre langue a permis aux groupes linguistiques, notamment les lusophones, d'explorer considérablement leur créativité. Alors oui, les choses changent beaucoup et vite, mais il ne faut pas s'accrocher à l'organisation telle qu'elle était à ses débuts. C'est fascinant de regarder dans quel sens les choses vont. Parfois, le multiculturalisme joue des tours : la culture de l'information à l'anglo-saxonne et celle à la française sont très différentes… Il y a un équilibre à trouver entre la cohérence d'ensemble de GV et la liberté de chaque groupe culturel.

SL: GV es una comunidad de gente con mentalidad abierta, un grupo de personas con objetivos similares que trabajan juntos en espíritu de amistad. Me uní a GV en 2008, aunque ya tenía experiencia con los aspectos fundamentales del proyecto desde 2004-2005. Cuando llegué, el proyecto Lingua [es] acababa de empezar y el inglés era el idioma de trabajo. El equipo de traducción francesa era pequeño, apenas una docena de personas. Hoy en día son más de 100. En el año 2010, comenzaron a escribirse artículos en otros idiomas, lo cual hizo que GV se expandiera: de repente, empezó a crecer y se fue haciendo cada vez más estructurado y profesional. La posibilidad de escribir en la lengua materna permitió a la gente explorar su creatividad con mayor intensidad y favoreció la aparición de nuevos grupos lingüísticos, especialmente el del portugués. Todo cambia rápidamente y uno no debe aferrarse a la nostalgia de los tiempos en los que comenzó esta comunidad. Es fascinante ver la dirección que han tomado los acontecimientos. A veces, el multiculturalismo es complicado: la cultura de la información anglosajona es muy diferente a la francesa. Es necesario encontrar un equilibrio entre la coherencia del conjunto de GV y la libertad de expresión de cada grupo cultural.

 GV: Dado que pasas entre tres y cuatro horas al día en las redes sociales y sigues por lo menos diez blogs a la semana, ¿cuáles recomendarías actualmente?

SL: Je papillonne beaucoup sur internet, et c'est un exercice difficile de faire des choix! En français, j'aurais envie de parler d'un blog très original, neuf et frais, humoristique et caustique, c'est une femme qui tricote l'actualité, et ça s'appelle Délit Maille. Je recommande aussi le blog en français et bambara de Boukary Konate, pour découvrir la sagesse des villages et des proverbes du Mali. Et enfin, bien sûr, je n'oublie pas l'Alsace avec le blog de Lovely Elsa. Pour les blogs en anglais, je suis avec attention celui d'une égyptienne, Suzeinthecity [en], qui publie des photos de graffitis : les photos sont superbes et l’Égypte au cœur de l'actualité. Et enfin, pour les photos aussi, il y a le blog Before They.

SL: Navego mucho por Internet y es bastante difícil elegir qué leer. Recomendaría a voz en grito un nuevo blog en francés que aporta aire fresco y originalidad, con un sentido del humor cáustico. Está escrito por una mujer que comenta las noticias de actualidad, se llama Délit Maille. También recomendaría el blog en francés y lengua bambara de Boukary Konate, para conocer la sabiduría y los proverbios del pueblo maliense. Finalmente, sin olvidar a Alsacia, el blog escrito por Lovely Elsa. En cuanto a los blogs en inglés, sigo uno muy de cerca, escrito por una mujer egipcia, Suzeinthecity [en], que postea fotos de graffiti, las cuales son excelentes. Además Egipto forma parte fundamental de los temas de actualidad. Y por último, también de fotos, les animo a visitar el blog Before They [en].

 GV: ¿Tienes alguna recomendación o consejo que compartir con los blogueros?

SL: En tant que lectrice, je suis très sensible à la forme, au soin apporté à écrire. Cela conditionne la possibilité de rentrer dans l'écrit de quelqu'un. Par ailleurs je recherche aussi des textes et des visions personnelles, originales, car internet est plein de gens qui ne font que reprendre des choses déjà dites.

SL: Como lectora, para mí es muy importante que la gente se esmere a la hora de expresarse por escrito, lo cual es determinante para conectar con el autor y sumergirte en el texto. También busco contenidos y puntos de vista que sean personales y originales ya que Internet está lleno de gente que únicamente re-escribe lo que ya se ha dicho.

GV: En tu opinión, ¿qué se presenta en el horizonte en cuanto a nuevas tecnologías?

SL: J'ai assisté à re:publica à Berlin en 2012, j'en ai profité pour rencontrer des nouveaux blogueurs du monde entier. C'est un événement à vivre, au moins une fois, si ce n'est tous les ans, au mois de mai à Berlin. Il y a des sujets pointus, techniques et technologiques, et mais on y parle aussi d'art, d'actualités, de politique.

SL: En 2012 participé en re:publica [de], un acontecimiento que se celebra anualmente durante el mes de mayo en Berlín. Me dio la oportunidad de reunirme con blogueros de todo el mundo. Recomiendo vivir esta experencia al menos una vez, si no todos los años. Trata de contenidos relacionados con la tecnología y también las artes, la política y los temas de actualidad.

Suzanne Lehn - crédit Stève Duchêne

Suzanne Lehn. Foto de Stève Duchêne

GV: ¿Te gustaría añadir algo más?

SL: Je voudrais remercier Claire Ulrich, à qui je dois tout, puisqu'elle m'a initiée non seulement à GV, mais aussi à internet, en général et en particulier ! Bien sûr je pense aussi à tous les amis très chers que j'ai rencontré grâce à GV: Abdoulaye Bah, Boukary Konaté et tant d'autres.

SL: Me gustaría dar las gracias a Claire Ulrich, a quien le debo todo; a través de ella conocí GV e Internet en general. Por supuesto, también me acuerdo de todos los queridos amigos que he hecho gracias a la comunidad de GV: Abdoulaye Bah [en], Boukary Konaté [en] y tantos otros.

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